Ross Lowel inventeur du célèbre Gaffer Tape. L’outils indispensable de tous les photographes.
 

Disparition de Ross Lowell (1926 – 2019)

Inventeur des “Lowel-Lights” et du “Gaffer Tape”

 

Décédé le 15 février 2019 à l’âge de 92 ans, Ross Lowell était l’inventeur du système d’éclairage qui porte son nom, Lowel-Light, et du célèbre “gaffer tape”, accessoire devenu aussi banal qu’indispensable.

Tout à la fois opérateur, réalisateur, photographe et concepteur d’éclairages, Ross Lowell était né le 10 juillet 1926 à New York City. Il étudia le cinéma à UCLA (University of California, Los Angeles), après avoir servi dans l’US Navy en tant que photographe.
C’est à la fin des années 1950 que Stephen E. Fleischman, réalisateur de documentaires pour la chaine CBS, lui demande d’imaginer un système d’éclairage léger et discret, qui pourrait rester en place plusieurs semaines à Highfields (ancienne demeure de Charles Lindbergh), où s’était développé un programme expérimental de réinsertion des jeunes délinquants.
Ross Lowell imagine alors un dispositif simple d’accroche de lampes Flood (RFL), une sorte de clamp avec une douille en porcelaine montée sur un petit spigot articulé, l’ensemble étant solidaire d’une simple plaque métallique conçue pour être facilement fixée sur n’importe quel support ou simplement et momentanément collée sur un surface plane. A cet effet, il fait aussi fabriquer un ruban adhésif, inspiré d’un produit pour les gaines de chauffage fabriqué par la société Johnson & Johnson. Ainsi est né le “gaffer tape”, associant l’adhésif Permacel (ne laissant pas de trace) à un support en tissu facilement déchirable à la main.

Article paru dans l’“American Cinematographer” en janvier 1960
Le directeur de la photo Gerald Hirschfeld utilise quelques clamps Lowel-Light en éclairage d’appoint

Ross Lowell ajoutera rapidement un cadre muni de volets qui se clippe directement sur l’ampoule.

Encart publicitaire paru dans l’ “American Cinematographer” en janvier 1962
Le célèbre directeur de la photographie Sam Leavitt, ASC, oscarisé en 1958 pour La Chaîne de Stanley Kramer, est « tombé amoureux des Lowel Lights » !

Durant les années suivantes, Ross Lowell mettra au point une système complet d’éclairage avec ampoules halogènes et toute une batterie d’accessoires : Tota-Light, Omni-Light, DP Light, Softlight 2…
Une forme de consécration viendra avec le témoignage de John Alcott, BSC, lors du tournage de Barry Lyndon en 1976 : « Nous avons utilisé des Mini Brutes et beaucoup de Lowel-Lights en permanence. J’ai utilisé ces Lowel-Lights en réflexion dans des parapluies pour la lumière d’ambiance. J’utilise toujours ces parapluies depuis Orange mécanique. Je trouve que ces Lowel-Lights ont une plus grande plage d’éclairage, du flood au spot, bien supérieure à n’importe quel autre éclairage du même type. En fait, c’est le seul éclairage de ce type qui vous donne un spot fantastique, si vous en avez besoin, et un flood parfait. De plus, quand vous mettez un volet devant la plupart des lampes à quartz, vous obtenez une ombre double mais pas avec les lampes Lowel. Mais il faut dire qu’elles ont été conçues par un directeur de la photo. » (Entretien avec John Alcott, BSC, dans l’American Cinematographer de mars 1976)

Le directeur de la photographie Renan Pollès a bien voulu nous apporter son témoignage quant à l’utilisation du matériel Lowel-Light : « J’ai effectivement beaucoup apprécié les projecteurs Lowel-Light et les ai utilisés tout le long de ma carrière. Il n’existait à l’époque (les années 1970) que des projecteurs de studio lourds et encombrants et rien n’était pensé pour les tournages en décor naturel. Les projecteurs Lowel-Light avaient l’avantage d’être légers et peu encombrants. Comme je tournais à l’époque sur des films sans moyens, ces projecteurs étaient particulièrement bien adaptés à ce genre de tournage.
On ne trouvait pas ce matériel chez les loueurs et il fallait donc l’acheter.
Le produit phare de cette marque était son Softlight équipé de 2 lampes de 800 W et qui avait l’avantage d’être pliable et transportable dans une valise. Déplié, avec sa toile argentée, il projetait une lumière indirecte très douce particulièrement utile pour l’éclairage des visages.
Almendros l’utilisait aussi couramment et je me souviens l’avoir rencontré un jour dans le métro partant pour un tournage avec Rohmer, sa valise Softlight à la main. J’en avais deux et j’ai continué à les utiliser sur tous mes tournages (les électriciens ne les aimaient pas beaucoup car ils les trouvaient trop fragiles).
Je possédais aussi une valise contenant un projecteur Omni-Light et deux Tota-Light avec leurs accessoires et deux parapluies. Le projecteur Omni-Light était lui un projecteur focalisable équipé d’une lampe de 650 W, il était plus petit que la fameuse Mandarine et possédait de nombreux accessoires qui le rendait très versatile. Les Omni-Light équipés d’une lampe de 800 W étaient assez pratiques parce qu’ils ne mesuraient que 5 cm d’épaisseur et pouvaient se transformer en soft-light avec leur parapluie en toile argentée. »

Le système Lowel-Light ne cessera d’évoluer au fil des ans tout en suivant et en s’adaptant aux évolutions technologiques : lampes et tubes fluorescents, éclairages LED… avec une quantité impressionnante d’accessoires.
Lowel-Light est aujourd’hui représenté et distribué par la société Tiffen.

Ross Lowell avait reçu en 1979 un “Academy Award for Technical Achievement” (pour le développement d’un système d’éclairage léger) et il avait publié en 1992 un ouvrage intitulé Matters of Light and Depth : Creating Memorable Images for Video, Film and Stills Through Lighting.

Source:

https://www.afcinema.com

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